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  • Pascale de Gail Athis

Le Ver est dans la pomme de Newton ©

Dernière mise à jour : 12 déc. 2020





1. Chaque fois que les conditions menacent la qualité de vie, une démonstration de masse se produit.

Il est impossible de comprendre la nature des événements que nous traversons à moins de considérer le cadre plus vaste dans lequel ils s’inscrivent. L’expérience historique

que nous traversons en ce moment même s’imbrique dans un contexte autant social, qu’économique, politique, psychologique et spirituel. Il n’existe pas de système fermé. Cela implique que notre actualité est en continuelle rotation comme les électrons et qu’elle touche tous les systèmes.

On ne peut expliquer les épidémies du seul point de vue de la biologie car personne ne tombe malade sans que la maladie réponde à une nécessité. En tant qu’individu nous ne pouvons pas nous dissocier du contexte de notre vie, de notre culture, de nos croyances, de nos attitudes qui forment l’environnement dans lequel les événements

à la fois personnels et collectifs se produisent.




Chaque réalité intérieure et chaque expérience individuelle donnent naissance à tous les événements de masse.

Si nous croyons que les épidémies sont uniquement le résultat de la propagation d’un virus et que nous mettons l’accent sur l’aspect biologique de celui-ci, alors la solution semble très claire : Connaître la nature du virus, développer un vaccin et donner à chacun « une petite dose de la maladie » afin que le système immunitaire la combatte… Seulement voilà,

les causes de notre pandémie ne sont pas biologiques car la structure biologique

est simplement porteuse d’une intention comme ici d’un désir conscient ou inconscient de mourir.

Chaque personne qui naît, désire naître. Elle meurt lorsque ce désir n’agit plus.

Aucune épidémie, aucun désastre naturel ou quelque balle d’un fusil ne tueront

une personne qui ne veut pas mourir. Si le désir de vivre est de nature attractif, on se s’interroge rarement sur le désir très actif de mourir. Dans sa forme naturelle, ce désir n’est pas un fait anormal, effrayant

ou névrotique mais bien une aspiration positive et saine à la sur-vie. L’individu veut quitter sa vie physique, comme l’enfant qui grandit cherche à devenir adulte en se séparant de sa maison familiale. Tout être meurt de lui-même. Comme une part de nous meurt avec chaque mort et revit avec chaque naissance.


Toute mort se produit dans le contexte de l’existence de l’espèce entière ; elle sert le bien de l’espèce tout en servant le dessein de l’individu car aucune mort ne vient sans être demandée, en définitive : toute mort est un suicide et toute naissance est délibérée de la part de l’enfant et de ses parents.


Les épidémies sont le résultat d’un phénomène de suicide collectif. Des facteurs biologiques, sociologiques ou même économiques entrent en ligne de compte, de sorte que, pour diverses raisons et à des niveaux différents, tout un groupe d’individus souhaite mourir un moment donné afin que leur mort individuelle soit une affirmation collective.


Dans un sens, ces pertes de vie sont une protestation contre l’époque dans laquelle elles surviennent même si les êtres concernés par ces événements ont leurs motifs personnels conscients ou inconscients. Les raisons varient d’un individu à l’autre mais tous ont le projet que leur mort serve une fin dépassant leurs préoccupations personnelles pour que les sur-vivants s’interrogent sur leur condition de vie.

Dans une certaine mesure, les victimes sont déjà atteintes d’apathie, d’accablement ou de désespoir ce qui diminue systématiquement leurs défenses corporelles. Ses états psychologiques ne perturbent pas seulement le système immunitaire, ils modifient les processus chimiques du corps comme ils altèrent son équilibre psychique, énergétiques et déclenchent des états morbides.

Revisitons l’histoire où la vie des plus démunis étaient si dure que des épidémies se produisirent et détruisirent des régions où régnaient des conditions sociales, politiques et économiques insoutenables. Ces épidémies fauchèrent sans discrimination les plus favorisés et les plus pauvres, de sorte qu’il devenait clair, passée cette détresse commune, que les conditions sanitaires devaient être reconnues aux plus défavorisés. Ce furent des morts de protestation.



Souvent, de telles irruptions d'événements se produisent à la suite d’actions politiques ou sociales inefficaces, telles des regroupements de protestation sociale, ces mouvements étant considérés sans espoir. Il se produit alors une contagion psychique du désespoir car toute action extérieure est sans résultat. Ce désespoir ambiant attise une rage intérieure qui se propage, atteignant les personnes qui sont dans les mêmes dispositions – la même vibration - et cet état mental, active un virus.




Les épidémies ont cette finalité :

elles dénoncent les problèmes publics, elles sont un avertissement que certaines conditions de vie ne sont plus tolérées ; c’est ainsi qu’une forme de griefs biologiques fait surface jusqu'à ce que les conditions intolérables changent.

Ceci explique l’étendue des diverses épidémies, le pourquoi du balayage d’une région alors qu’une autre est épargnée et le fait que dans une famille l’un meurt et l’autre survit ; car, dans cette entreprise collective, l’individu façonne encore sa réalité personnelle.


Chaque victime d’une épidémie assume sa propre mort comme faisant partie d’une protestation sociale de masse. La vie des proches est ébranlée et les différents aspects de la vie sociale troublés sont réévalués. Ces épidémies peuvent aussi être le facteur déclenchant d’un renversement de gouvernement.


Les personnes activement engagées ou non, les bien portants se voient sous un angle différent. Les conditions horrifiantes des mourants les poussent à redéfinir le sens de leur vie comme elles suscitent au niveau du collectif, l’émergence d’un nouveau paradigme, des conceptions sociologiques, politiques, culturelles, spirituelles nouvelles, de sorte que la mort de chaque victime n’est pas vaine.








2. Nous avons choisi collectivement d’élargir le cadre conceptuel de l’Histoire.

Nous avons tous notre part dans ce qui se déroulent actuellement à l’échelle planétaire. Que cela soit par nos pensées, nos croyances ou nos attentes. Il n'y a aucun acte public dans lequel nous n'ayons notre part de responsabilité, nous sommes intimement liés à tous les événements historiques que nous traversons. Puisque par nos choix individuels, nous orientons tous les événements collectifs alors, il est urgent d’évacuer cette vieille croyance en la survie du plus fort pour sortir du modèle darwinien qui a incrusté dans nos cellules un programme de lutte pour la survie et de dégénérescence.

Cette conception du monde nous a conduit à un mode de vie erroné et a mené la planète à des états de crises récurrents. Il est dès à présent essentiel de s’orienter vers ce qui rend notre vie inspirante, d’arrêter de courir pour inscrire, compiler nos expériences dans un curriculum vitae et finalement terminer notre course à bout de souffle.